Patrimoine historique

Le site du archéologique du Vernai

A la découverte des origines de la commune : la nouvelle présentation de la villa romaine

La commune de Saint-Romain est réputée pour la grande richesse de son patrimoine archéologique et notamment pour sa grande villa gallo-romaine dont les vestiges se retrouvent tout autour de l’église. Depuis 1967 les archéologues successifs se sont attachés analyser les évolutions d’un site occupé sans discontinuité pendant 2000 ans, depuis l’époque gauloise jusqu’à la fin du Moyen Âge.

Les ruines les plus visibles appartiennent à cette riche villa gallo-romaine, un palais rural entouré de nombreuses installations agricoles et artisanales se développant sur près de 13 hectares,  mais les fouilles ont aussi révélé d’autres occupations moins spectaculaires. Précédant la villa, une ferme gauloise a ainsi été mise en évidence mais les traces laissés par les bâtiments en bois sont trop ténues au pouvoir être présentées au public. Au contraire les occupations qui se sont succédées après la destruction de la villa, une résidence mérovingienne (occupée entre 550 et 700) puis un château médiéval ont laissé des vestiges plus monumentaux. L’église paroissiale actuelle s’avère elle-même riche d’histoire.

Ces témoins d’établissements de natures très variées constituent donc autant de pages d’un véritable livre d’histoire accessible à tous. Depuis une dizaine d’années, la municipalité de Saint-Romain-de-Jalionas, avec l’aide de la région et du département, a entrepris de restaurer progressivement le site. Deux tranches de travaux avaient déjà permis de présenter une partie des vestiges. Des stations aménagées en six points de la clairière illustraient divers aspects de la vie du site :

-dans le jardin de la cure et dans le nouveau cimetière un panneau détaille l’évolution de l’église depuis l’Antiquité jusqu’à la fin du Moyen Âge
-dans l’ancien cimetière sont évoqués les restes du château construit par le Dauphin.
-Au bord du Girondan, les vestiges d’un grenier romain sont l’occasion d’expliquer qu’elle fut l’économie de la villa et comment s’est modifiée son environnement.
-Enfin, à une cinquantaine de mètres du cimetière, de l’autre côté de la route, le secteur mis en valeur le plus vaste présente les installations thermales de la villa qui illustrent le cadre de vie du propriétaire du domaine.

La campagne de restauration entreprise cette année, qui complète ce qui avait été précédemment réalisé, répond à deux objectifs essentiels :

-Dans le secteur principal des thermes sont présentés les résultats des fouilles les plus récentes. À côté de ces vestiges les recherches archéologiques ont notamment mis en évidence la résidence du régisseur qui dirigeait le domaine en l’absence du maître. Après la destruction de la villa une partie de ce bâtiment fut ensuite recouverte par un nouvel édifice de vaste taille, une véritable résidence occupée par un nouvel aristocrate dont on ne sait s’il était le descendant des anciens propriétaires gallo-romains ou s’il s’agissait d’un nouvel arrivant d’origine germanique. Par sa taille et son plan cet habitat peut en tout cas être comparé à la grande résidence présentée sur le site de Larina.

Outre cette présentation de plusieurs pages de l’histoire du site qui jusqu’à présent n’était pas visibles, il est apparu nécessaire d’assurer une cohésion dans la présentation de tous les secteurs en confectionnant un circuit de visite cohérent. Une nouvelle entrée proche du lavoir a donc été aménagée. Le visiteur, en empruntant le tracé de l’ancienne voie antique, peut désormais facilement et librement accéder aux vestiges restaurés.
Le site fête ses 50 ans cette année :

Rappelons enfin qu’il est possible à tous les passionnés d’histoire de participer aux recherches entreprises sur le site et dans l’Isle Crémieu en rejoignant l’Association pour l’Histoire et l’Archéologie à Saint Romain de Jalionas . Visitez le site de l’association.

Le Pont Médiéval sur le Girondan

Savez-vous que l’un des plus vieux ponts sur le Girondan est situé à Saint Romain de Jalionas ? C’est même un trésor architectural caché en bas du chemin du Peillard près des clubs d’équitation. De la route, rien d’extraordinaire à priori. En revanche si on descend le long des berges du Girondan alors la beauté cachée de ce monument se révèle au passant. Le pont qui enjambe le Girondan avec deux arches en plein cintre est un ouvrage ancien. Il est pourvu d’un avant bec caractéristique des ponts de nos régions dès les XIVème et XVème siècles, en pierres de taille. L’ampleur et la solidité de la construction laissent peu de doute sur le fait qu’il s’agissait d’une construction majeure sur une route fréquentée. C’était un important nœud routier où se rencontrent la voie ancienne venant de Vienne et celle de Lyon. Dès le début de l’ère chrétienne, le long du Rhône, traversant le Girondan, on voit passer les pèlerins qui vont prier Saint Oyand en passant le fleuve au Gué de Loyettes. Il est difficile néanmoins de dire si le pont est antérieur au XIVème siècle à l’instar du Pont de Chéruy déjà signalé au XIIIème siècle sur la Bourbre.
Aujourd’hui la redécouverte de ce monument est importante pour le patrimoine culturel et architectural de notre commune. Nous invitons chacun à venir apprécier la qualité de conservation d’un tel édifice qui a traversé les siècles sans restauration majeure.

CPA Jalionas Girondin rte Balme 1907

Pour franchir le Girondan à Saint Romain de Jalionas, les ouvrages sont variés dans leur structure et leur ancienneté. L’ancien pont du centre village a été remplacé par un pont moderne dans les années 80 afin de pouvoir supporter le trafic poids lourds. Les ponts des Vignes et du Confluent semblent récents vu l’emploi du béton. Ceux de Bionnay sont anciens mais restent simple de construction.

Le pont du Girondan est important au moyen-âge car il matérialise un des nombreux péages le long du Rhône entre le Dauphiné et la Savoie. Ici le « Paie-Liard » ou Peillard où l’on paie un liard pour passer d’une seigneurie à l’autre. Le Liard est une petite monnaie de cuivre de faible valeur, frappée à Crémieu. Fort heureusement le franchissement de ce pont est gratuit de nos jours !

Bonne découverte à tous !